APPRENDRE À STRESSER

À première vue, il est vrai que ce titre fait réfléchir … Nous apprendre à stresser, vraiment ??

OUI ! Le stress, c’est cool. C’est l’arme qui nous permet de combattre les menaces de la vie. Bien contrôlé, le stress est notre meilleur allié.
Il ne nous laissera jamais tomber. Jamais.
C’est d’ailleurs pour cela qu’il ne s’en va… jamais !

Mais pour profiter de la réponse de stress et de ses avantages, il faut « apprendre à stresser ». Apprendre à stresser, c’est accepter les choses suivantes :

Pour bien stresser, il faut accepter d’être alarmé

C’est comme chevaucher ce dent de sabre, ça bouge, ce n’est pas très confortable, c’est puissant …

La réponse de stress sert à nous alarmer de la présence d’une menace. Sans réponse de stress, nous serions incapables de répondre aux menaces environnantes et nous n’aurions jamais pu survivre aux mammouths. L’être humain contemporain, qui vit maintenant dans un monde beaucoup plus sécuritaire que celui de son ancêtre préhistorique, est peu efficace pour reconnaître une menace et ne la reconnaît que lorsqu’il ressent une réponse de stress. C’est donc quand on a mal au ventre ou qu’on est tendu ou qu’on devient impatient avec l’être aimé qu’on réalise que quelque chose cloche et on se met à chercher la menace.

Tout cela est parfait et fonctionne à merveille. Toutefois, parce qu’on pense que le stress est toxique, on s’imagine que la réponse de stress que l’on ressent va nous faire du mal… et on se met à stresser encore plus !

La réponse physique de stress est le signal d’alarme qu’il y a une menace. Quand cela survient, on ne panique pas avec le stress. On ne va pas mourir, on ne va pas développer un trouble anxieux généralisé en quelques heures, et la dépression ne nous guettera pas au premier coin de rue.
On a seulement une réponse de stress normale à une situation jugée menaçante par notre cerveau, soit parce que C’est une menace réelle à notre survie (un stresseur absolu), soit parce que cette situation est un stresseur relatif.

Cette réponse physique que l’on ressent est tout à fait normale. C’est votre ami le stress qui vous dit à l’oreille :

« Fais attention, il y a quelque chose de potentiellement menaçant devant toi. Mais ne t’en fais pas, je couvre tes arrières !  »

François Bouvier

Pour bien stresser, il ne faut pas paniquer devant la menace

Dans le temps du mammouth, la menace tuait souvent. Toutefois, ce n’est plus le cas aujourd’hui,mais le cerveau ne semble pas avoir compris que nous sommes au 21ème siècle et souvent, il ne fait pas la différence entre un mammouth de la préhistoire et la personne qui menace notre ego à la machine à café le lundi matin au travail.


Puisque le cerveau ne fait pas la différence entre un stresseur absolu et un stresseur relatif, il va envoyer un signal d’alarme (une réponse biologique de stress) aussi importante en réponse aux deux types de menaces.
Toutefois, ce n’est pas parce que l’alarme de feu sonne un soir à la maison que cela veut dire que le feu a envahi toute la maison. L’alarme a pu se déclencher à cause d’une rôtie oubliée dans le grille-pain, ou à cause d’un enfant qui joue avec un briquet et qui a mis le feu à un morceau de papier.


Mais quand l’alarme de feu sonne, il est important d’aller vérifier l’origine de son déclenchement. Néanmoins, cela ne sert absolument à rien de paniquer devant la réponse de stress que l’on ressent en réaction au signal d’alarme.

Cette réponse de stress n’est pas là pour nous faire du mal mais pour nous aider à négocier la menace. Si jamais le feu est réellement pris dans la maison, notre réponse de stress nous permettra de courir trois fois plus rapidement que d’habitude et de sortir de la demeure enflammée.

Pour bien stresser, il est utile de voir la situation comme un défi

La manière dont on perçoit une situation (comme un défi ou comme un stress) peut avoir un impact très important sur l’activation (ou non) de notre réponse de stress.


La prochaine fois que vous serez devant une situation que vous considérez comme potentiellement menaçante, chuchotez la phrase suivante :

Ceci n’est pas un stress, c’est un défi.


Vous aurez bien sûr une réponse de stress devant la menace détectée, mais cette dernière sera moins importante et cela contribuera à diminuer votre sentiment de panique.  

Pour bien stresser, il faut accepter l’échec

Parfois, les chasseurs de mammouths partaient combattre la bête… et ne revenaient jamais au bercail. Ils perdaient la bataille et mouraient sous les coups du mammifère.
Toutefois, ce n’est pas parce que le clan perdait un ou deux chasseurs par mois que tous décidaient de ne plus jamais aller chasser le mammouth !

Quand le clan perdait un chasseur, on pleurait le mort et on se relevait. En analysant l’accident fatal qui avait coûté la vie à notre ami, on tentait de comprendre quelle erreur avait été commise, dans le but de l’éviter lors des prochaines chasses.
Si nos ancêtres n’avaient pas accepté les échecs et, ce faisant, n’avaient pas appris de ces derniers, ils n’auraient jamais survécu aux mammouths.

Quand la réussite est la seule conclusion possible d’une action, c’est l’échec qui devient la menace et qui active la réponse de stress.

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